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Découvrez en détail les races patrimoniales françaises que nous nous efforçons de préserver.

Poule de Marans

Poule de Marans

Histoire et origine

La Poule de Marans est originaire de la région de Marans, dans le département de la Charente-Maritime, sur la côte atlantique française. Son développement est intrinsèquement lié à l'histoire maritime et commerciale de cette région.

Cette race est le fruit d'un métissage complexe réalisé à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, impliquant plusieurs races locales et importées :

  • Poules locales de marais (issues elles-mêmes de croisements anciens)
  • Combattants anglais (apportant taille et vigueur)
  • Langshan (race asiatique contribuant à la couleur des œufs)
  • Brahma (pour la robustesse et le format)
  • Coucou de Malines (pour la qualité de chair)

Initialement élevée comme volaille de chair dans les fermes du marais poitevin, c'est la particularité de ses œufs extra-roux qui a progressivement attiré l'attention. La race a été officiellement reconnue en 1931 avec la création du premier standard, mais elle a connu un déclin important après la Seconde Guerre mondiale face à l'industrialisation de l'aviculture.

Sauvée de la disparition grâce à quelques éleveurs passionnés dans les années 1970-80, la Poule de Marans connaît aujourd'hui un regain d'intérêt mondial pour ses qualités exceptionnelles, notamment la couleur unique de ses œufs.

Caractéristiques

Morphologie

  • Taille : Race de format moyen à grand
    • Coq : 3,0 à 3,5 kg
    • Poule : 2,5 à 3,0 kg
  • Silhouette : Corps rectangulaire, large et profond, porté légèrement incliné
  • Tête : Forte, avec crête simple, droite et bien développée (4-6 dents)
  • Oreillons : Rouges, de taille moyenne
  • Barbillons : Bien développés et rouge vif
  • Pattes : Fortes, de longueur moyenne, non emplumées, de couleur blanc rosé à jaune selon la variété
  • Queue : Portée à 45° chez le coq, plus basse chez la poule

Variétés reconnues

La Poule de Marans existe en plusieurs variétés de coloris, les principales étant :

  • Noir cuivré : Variété la plus répandue et emblématique
  • Coucou argenté : Plumage gris barré, très prisé
  • Froment : Couleur dorée avec liserés plus foncés
  • Noir : Plumage entièrement noir à reflets verts
  • Blanc : Plumage entièrement blanc
  • Doré noir à camail argenté : Variété complexe et recherchée
  • Fauve à queue noire : Coloris élégant et distinctif

L'œuf extra-roux

La caractéristique la plus distinctive de la Marans est son œuf à la coquille exceptionnellement colorée :

  • Couleur : Brun foncé à acajou, pouvant aller jusqu'au chocolat foncé
  • Classement : 7 à 9 sur l'échelle de Rousot (échelle internationale de coloration des œufs allant de 1 à 9)
  • Poids : 65 à 70 grammes (calibre L à XL)
  • Coquille : Épaisse et solide, souvent tachetée de points plus foncés

Cette coloration provient d'un pigment appelé protoporphyrine, déposé dans les dernières heures de la formation de l'œuf. L'intensité de la couleur varie selon la génétique, l'alimentation et le moment dans le cycle de ponte.

Aptitudes et comportement

  • Production d'œufs :
    • Ponte moyenne : 160-180 œufs par an
    • Excellente ponte hivernale (caractéristique précieuse)
    • La couleur des œufs s'atténue progressivement au fil de la saison de ponte
  • Qualités de chair :
    • Chair fine et savoureuse
    • Carcasse bien conformée
    • Croissance moyennement rapide (4-5 mois pour atteindre le poids adulte)
  • Tempérament :
    • Caractère calme et docile
    • Bonne aptitude à la vie en liberté
    • Excellentes qualités maternelles (poules couveuses et bonnes mères)
  • Rusticité :
    • Très bonne résistance aux intempéries
    • Adaptation remarquable aux climats humides
    • Bonne résistance aux maladies communes

Exigences d'élevage

Habitat

  • Poulailler : Bien ventilé mais sans courants d'air, 0,5m² par sujet
  • Parcours : Idéalement 10m² par sujet, avec zones ombragées et végétation diverse
  • Perchoirs : 18-20cm par poule, placés à 60-80cm du sol
  • Pondoirs : 1 pour 4-5 poules, dimensions 30x30x35cm

Alimentation

  • Ration de base : Aliment complet pour poules pondeuses (16-18% de protéines)
  • Compléments essentiels :
    • Calcium supplémentaire pour la qualité des coquilles (coquilles d'huîtres ou calcaire)
    • Verdure fraîche quotidienne pour les caroténoïdes (intensifie la couleur des œufs)
    • Céréales entières en complément limité
  • Spécificités :
    • Une alimentation riche en pigments naturels (maïs, herbe, luzerne) favorise la coloration des œufs
    • L'accès à des zones de grattage est important pour cette race active

Reproduction

  • Maturité sexuelle : 5-6 mois
  • Ratio de reproduction : 1 coq pour 8-10 poules
  • Incubation :
    • Naturelle : Excellentes couveuses, 21 jours d'incubation
    • Artificielle : Taux d'éclosion de 75-85% dans de bonnes conditions
  • Sélection :
    • Privilégier les femelles pondant les œufs les plus colorés
    • Vérifier la conformité au standard pour la morphologie
    • Éviter la consanguinité en renouvelant les reproducteurs

Statut de conservation

La Poule de Marans est classée comme "à surveiller" dans la liste des races domestiques françaises. Bien qu'elle ne soit pas en danger critique, sa diversité génétique originelle a été partiellement érodée et nécessite une attention particulière.

Plusieurs organismes œuvrent à sa préservation :

  • Le Club Français de la Poule de Marans (CFPM), qui maintient le standard et organise des expositions
  • Le Conservatoire des Races d'Aquitaine
  • Des réseaux d'éleveurs amateurs passionnés

Les défis actuels pour la préservation incluent :

  • Maintenir l'intensité de coloration des œufs face à la sélection commerciale
  • Préserver les variétés rares moins répandues
  • Lutter contre les croisements non contrôlés qui diluent les caractéristiques de la race

Conseil pour la conservation : Pour contribuer efficacement à la préservation de la Poule de Marans, privilégiez l'achat auprès d'éleveurs spécialisés membres du CFPM, maintenez des lignées pures, et partagez vos expériences au sein de la communauté des éleveurs conservateurs.

Vache Salers

Vache Salers

Histoire et origine

La race Salers tire son nom de la petite ville de Salers, nichée au cœur des monts du Cantal en Auvergne. C'est l'une des plus anciennes races bovines françaises, dont les origines remontent à plus de 7 000 ans, comme en témoignent des peintures rupestres découvertes dans la région.

Cette race s'est développée dans les conditions rudes des montagnes volcaniques du Massif Central, ce qui explique sa remarquable rusticité et sa capacité d'adaptation. Historiquement, la Salers était une race à triple aptitude, utilisée pour le travail, la production de lait et de viande.

Au XIXe siècle, elle commence à être sélectionnée plus méthodiquement, et le Herd-Book (livre généalogique) de la race est créé en 1908. Durant cette période, la Salers est principalement valorisée pour sa production fromagère, notamment pour l'élaboration des fromages AOP Cantal et Salers.

Après la Seconde Guerre mondiale, avec la mécanisation de l'agriculture, l'orientation de la race évolue progressivement vers une spécialisation en production de viande, tout en maintenant des lignées laitières traditionnelles. Aujourd'hui, la Salers est principalement élevée pour sa viande de qualité, mais une petite population maintient la tradition laitière ancestrale.

Caractéristiques

Morphologie

  • Taille : Race de grand format
    • Vache : 700 à 750 kg
    • Taureau : 1 000 à 1 200 kg
    • Hauteur au garrot : 135 à 145 cm
  • Robe : Uniformément acajou à rouge foncé, parfois plus claire autour du mufle et des yeux
  • Tête : Front large, face courte, mufle rose entouré d'un halo clair
  • Cornes : En forme de lyre, longues et ouvertes, de couleur ivoire à la base et noires aux extrémités (30 à 80 cm)
  • Corps : Silhouette longiligne, poitrine profonde, bassin large et légèrement incliné
  • Membres : Solides, bien d'aplomb, avec des articulations nettes et des onglons durs

Variétés et types

On distingue principalement deux types au sein de la race :

  • Type traditionnel : Plus proche du type originel, avec une aptitude laitière préservée, utilisé pour la production fromagère traditionnelle
  • Type viande : Issu d'une sélection plus récente, avec un développement musculaire plus important et une conformation bouchère améliorée

Il existe également quelques lignées sans cornes (polled) développées plus récemment, mais elles restent minoritaires dans la race.

Aptitudes et comportement

  • Production laitière :
    • Production moyenne : 2 500 à 3 000 kg par lactation pour les lignées laitières
    • Lait particulièrement riche (4 à 4,5% de matière grasse, 3,6 à 3,8% de protéines)
    • Particularité : la traite traditionnelle nécessite la présence du veau (réflexe d'éjection du lait)
  • Production de viande :
    • Excellente valorisation des fourrages grossiers
    • Croissance des veaux : 1 000 à 1 200 g/jour en phase d'allaitement
    • Qualité de carcasse : viande persillée, goûteuse et colorée
    • Rendement carcasse : 55 à 60% en système herbager
  • Qualités maternelles :
    • Facilité de vêlage exceptionnelle (95% sans assistance)
    • Production laitière suffisante pour assurer une croissance rapide du veau
    • Instinct maternel très développé et protection active du veau
  • Rusticité :
    • Adaptation remarquable aux conditions difficiles (altitude, climat rigoureux)
    • Excellente valorisation des pâturages pauvres et pentus
    • Résistance aux maladies et parasites
    • Longévité exceptionnelle (productivité maintenue jusqu'à 12-15 ans)
  • Comportement :
    • Caractère vif et indépendant
    • Grande intelligence et capacité d'adaptation
    • Instinct grégaire développé facilitant la conduite en troupeau
    • Excellente marcheuse capable de parcourir de longues distances en montagne

Exigences d'élevage

Habitat et conduite

  • Système optimal : Pâturage extensif avec hivernage en stabulation libre
  • Surface recommandée : 1 à 1,5 hectare par vache selon la qualité des pâturages
  • Bâtiments :
    • Stabulation libre avec aire paillée : 8 à 10 m² par vache
    • Couloir d'alimentation large (minimum 4 m)
    • Hauteur sous plafond d'au moins 3,5 m pour bonne ventilation
  • Clôtures : Solides, hauteur minimale de 1,40 m (race vive)
  • Équipements spécifiques :
    • Couloir de contention robuste
    • Cage de contention adaptée à la taille et à la puissance de la race

Alimentation

  • Période de pâturage :
    • Herbe pâturée comme alimentation principale (6 à 8 mois selon régions)
    • Système de pâturage tournant recommandé pour optimiser la ressource
    • Complémentation minérale adaptée aux carences locales
  • Période hivernale :
    • Ration à base de foin (12-15 kg/jour/vache)
    • Complémentation possible en ensilage d'herbe ou de maïs selon disponibilité
    • Apport de concentrés limité aux périodes de forts besoins (fin de gestation, début de lactation)
  • Spécificités :
    • Excellente valorisation des fourrages grossiers
    • Capacité à mobiliser ses réserves corporelles en période de disette
    • Pour la production laitière traditionnelle : ration enrichie en protéines et énergie

Reproduction

  • Maturité sexuelle : Précoce (10-12 mois) mais mise à la reproduction recommandée à 24-30 mois
  • Cycle reproductif :
    • Chaleurs bien marquées et régulières
    • Gestation : 283 jours en moyenne
    • Intervalle vêlage-vêlage idéal : 365 jours
  • Facilité de vêlage :
    • Exceptionnelle en race pure (95% sans assistance)
    • Attention aux croisements avec races à fort développement musculaire
  • Sélection :
    • Critères principaux : facilité de naissance, aptitude maternelle, croissance
    • Pour les lignées laitières : qualité du lait, docilité à la traite
    • Maintien de la rusticité et de la longévité comme critères essentiels

Statut de conservation

La race Salers n'est pas considérée comme menacée dans son ensemble, avec environ 210 000 vaches recensées en France. Cependant, le type laitier traditionnel est en situation plus précaire.

La préservation de la race est assurée par :

  • Le Herd-Book Salers, qui maintient le standard et organise la sélection
  • Le Groupe Salers Évolution, qui gère le schéma de sélection
  • L'Association Tradition Salers, qui préserve spécifiquement la souche laitière traditionnelle

Les défis actuels pour la conservation incluent :

  • Préservation du type laitier traditionnel et des savoir-faire associés
  • Maintien de la diversité génétique face à l'utilisation intensive de certaines lignées
  • Conservation des caractéristiques de rusticité face à la sélection sur les critères de production

Conseil pour la conservation : Pour contribuer à la préservation de la Salers authentique, privilégiez les lignées traditionnelles, maintenez une sélection équilibrée qui respecte les caractéristiques historiques de la race, et valorisez les produits issus de systèmes d'élevage extensifs respectueux des pratiques traditionnelles.

Mouton d'Ouessant

Mouton d'Ouessant

Histoire et origine

Le Mouton d'Ouessant est originaire de l'île d'Ouessant, située à l'extrême ouest de la Bretagne, dans l'archipel de Molène. Cette île balayée par les vents et isolée du continent a façonné cette race unique, qui est la plus petite race ovine d'Europe.

L'origine exacte de ces moutons reste partiellement mystérieuse, mais plusieurs hypothèses existent :

  • Descendance de moutons nordiques amenés par les navigateurs vikings
  • Évolution isolée d'ovins continentaux introduits sur l'île à une époque ancienne
  • Sélection naturelle et artificielle dans un environnement insulaire aux ressources limitées

Historiquement, les moutons d'Ouessant étaient élevés exclusivement par les femmes de l'île (les hommes étant souvent en mer), principalement pour leur laine noire utilisée dans la confection des vêtements traditionnels. Leur petite taille facilitait leur manipulation par les femmes et les enfants.

Au début du XXe siècle, avec l'exode rural et la modernisation, la race a failli disparaître de son île d'origine. Elle a été sauvée grâce à quelques élevages conservatoires sur le continent, notamment dans des parcs zoologiques et chez des particuliers passionnés. La création du Groupement des Éleveurs de Moutons d'Ouessant (GEMO) en 1976 a marqué un tournant dans la préservation organisée de la race.

Aujourd'hui, le Mouton d'Ouessant connaît un regain d'intérêt pour l'éco-pâturage, l'entretien des espaces verts et l'élevage de loisir, tout en restant un symbole vivant du patrimoine culturel breton.

Caractéristiques

Morphologie

  • Taille : La plus petite race ovine d'Europe
    • Hauteur au garrot : 40 à 46 cm pour les béliers, 35 à 42 cm pour les brebis
    • Poids adulte : 15 à 20 kg pour les béliers, 13 à 15 kg pour les brebis
  • Silhouette : Trapue et harmonieuse, avec une allure vive
  • Tête : Fine et courte, au profil droit ou légèrement busqué
  • Oreilles : Petites et dressées, très mobiles
  • Cornes :
    • Béliers : Cornes puissantes en spirale, bien développées
    • Brebis : Généralement sans cornes, parfois petites cornes fines
  • Queue : Courte naturellement (non coupée), portée tombante
  • Membres : Fins mais solides, bien proportionnés au corps

Toison et coloris

La toison du Mouton d'Ouessant présente des caractéristiques particulières :

  • Laine : Fine (20-25 microns) et dense, relativement courte (5-8 cm)
  • Coloris reconnus :
    • Noir : Variété originelle et la plus répandue, noir profond
    • Blanc : Blanc pur, yeux clairs, muqueuses roses
    • Brun : Du chocolat au brun-roux, nuance uniforme
    • Gris : Mélange de fibres noires et blanches donnant un aspect grisé
  • Particularités :
    • Les agneaux naissent souvent plus foncés et s'éclaircissent avec l'âge
    • Les béliers développent une "collerette" de laine plus longue autour du cou

Aptitudes et comportement

  • Rusticité exceptionnelle :
    • Adaptation aux conditions climatiques difficiles (pluie, vent, températures basses)
    • Valorisation remarquable des fourrages pauvres et des landes
    • Résistance naturelle à de nombreux parasites et maladies
  • Production :
    • Laine : 1 à 1,5 kg par an, fine et recherchée pour le filage artisanal
    • Viande : Carcasses petites (6-8 kg) mais de qualité gustative exceptionnelle
    • Lait : Production limitée, juste suffisante pour l'allaitement d'un agneau
  • Comportement :
    • Caractère vif et intelligent, méfiant mais adaptable
    • Instinct grégaire très développé facilitant la conduite en troupeau
    • Agilité remarquable, capable d'évoluer sur terrains difficiles
    • Faible besoin territorial (adapté aux petites surfaces)
  • Reproduction :
    • Saisonnalité marquée (reproduction de septembre à janvier)
    • Fertilité excellente en saison
    • Prolificité modérée (1 agneau par mise-bas, rarement 2)
    • Qualités maternelles très développées
    • Longévité reproductive (10-12 ans de production)

Exigences d'élevage

Habitat et conduite

  • Surface recommandée :
    • Pâturage : 200-250 m² par animal en terrain de qualité moyenne
    • Abri : 0,5 m² par animal
  • Clôtures :
    • Hauteur minimale : 80-100 cm
    • Type recommandé : Grillage à mouton à mailles progressives
    • Attention particulière aux bas de clôture (les agneaux peuvent se faufiler)
  • Abri :
    • Simple mais sec, protégé des vents dominants
    • Ouverture orientée de préférence au sud ou à l'est
    • Litière de paille renouvelée régulièrement
  • Équipements :
    • Râteliers à foin adaptés à leur petite taille (hauteur maximale 60 cm)
    • Abreuvoirs propres et accessibles
    • Bac à minéraux (pierre à lécher spécifique ovins)

Alimentation

  • Base alimentaire :
    • Pâturage sur prairies, landes ou sous-bois (végétation variée)
    • Foin de qualité moyenne en hiver (0,8-1 kg par jour et par animal)
    • Complémentation minérale adaptée (pierre à lécher)
  • Périodes spécifiques :
    • Fin de gestation : légère augmentation de la ration (+ 10-15%)
    • Lactation : foin de meilleure qualité, éventuellement petit complément en céréales
    • Préparation à la lutte (flushing) : légère amélioration alimentaire 3 semaines avant
  • Précautions :
    • Éviter la suralimentation qui cause obésité et problèmes de mise-bas
    • Transition alimentaire progressive lors des changements de régime
    • Accès permanent à une eau propre et fraîche

Soins spécifiques

  • Tonte :
    • Obligatoire une fois par an (mai-juin)
    • Technique particulière pour cette petite race (position assise recommandée)
    • Attention particulière aux coups de chaleur si tonte tardive
  • Parage des onglons :
    • 3-4 fois par an selon la nature du terrain
    • Essentiel pour prévenir le piétin et les déformations
  • Vermifugation :
    • Protocole adapté selon analyse coproscopique (généralement 2-3 fois par an)
    • Attention particulière aux jeunes et aux femelles en fin de gestation
  • Vaccination :
    • Entérotoxémie (obligatoire)
    • Autres vaccins selon contexte épidémiologique local

Reproduction et sélection

  • Organisation de la reproduction :
    • Lutte en liberté (1 bélier pour 15-20 brebis)
    • Période optimale : septembre à janvier
    • Gestation : 145-150 jours
    • Agnelages généralement sans assistance (prévoir surveillance discrète)
  • Critères de sélection :
    • Conformité au standard de la race (taille, morphologie)
    • Qualité de la toison (finesse, densité, couleur)
    • Caractère et docilité
    • Aptitudes maternelles pour les femelles
  • Gestion de la consanguinité :
    • Renouvellement régulier des reproducteurs mâles
    • Échanges avec d'autres élevages
    • Tenue rigoureuse des généalogies

Statut de conservation

Le Mouton d'Ouessant est classé comme "race à petit effectif" par le Ministère de l'Agriculture français. Bien que ses effectifs se soient significativement améliorés ces dernières décennies, sa diversité génétique reste à surveiller.

La préservation de la race est assurée par :

  • Le Groupement des Éleveurs de Moutons d'Ouessant (GEMO), qui maintient le standard et le livre généalogique
  • Le Conservatoire des Races d'Aquitaine et autres conservatoires régionaux
  • Un réseau d'éleveurs amateurs et professionnels engagés
  • L'utilisation croissante en éco-pâturage qui contribue à maintenir des effectifs significatifs

Les défis actuels pour la conservation incluent :

  • Maintien de la diversité génétique, notamment pour les variétés de couleur moins fréquentes
  • Préservation des caractéristiques originelles face à la sélection pour l'éco-pâturage
  • Lutte contre les croisements non contrôlés qui menacent la pureté de la race
  • Conservation des savoir-faire traditionnels liés à l'élevage et à la valorisation de la laine

Conseil pour la conservation : Pour contribuer efficacement à la préservation du Mouton d'Ouessant, adhérez au GEMO, respectez scrupuleusement le standard de la race, participez aux programmes d'échange de reproducteurs, et valorisez la laine par des filières artisanales qui maintiennent vivantes les traditions associées à cette race emblématique.

Ressources complémentaires

Guides pratiques

Découvrez nos conseils détaillés pour l'aménagement des installations, les soins quotidiens et la gestion de la biosécurité pour vos races patrimoniales.

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Réglementation & Bien-être

Informations essentielles sur les normes légales et les meilleures pratiques pour assurer le bien-être de vos animaux.

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Pour les Débutants

Guide complet pour bien démarrer dans l'élevage de races patrimoniales françaises, avec conseils pratiques et ressources.

Guide débutants